JOUR 9 : mercredi 16 septembre

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Librairie_M'lire[1]

LAVAL, ma ville !

J'ai vécu aujourd'hui une journée extraordinaire ponctuée de rencontres avec des Lavallois merveilleux.

Blandine et Jean, les parents de mon ami Manuel, sont les hôtes qui m'ont hébergée hier soir. Tous deux sont anciens instituteurs et dotés d'un sens de l'humour fort réjouissant.

Nous discutons des valeurs de la République. Jean remarque que beaucoup de gens "placent leur liberté dans des queues de cerises", dans des petites choses alors que pour lui la notion de liberté est quelque chose de plus difficile à définir car très variable selon chacun, relevant presque de l' intime. L'égalité ? Une utopie ! Je renchéris en évoquant le système scolaire français qui, aux dires même de certains qui l'encadrent, renforcent les inégalités entre les enfants. Ce triste et alarmant constat me met depuis vingt ans en porte-à-faux avec la grande maison Education Nationale. Je suis navrée de notre impuissance institutionnelle et il faut une sacrée dose d'énergie et de foi pour toujours sur le métier, remettre notre ouvrage...

Le mot égalité ( ou plutôt son contraire) évoque pour Blandine les castes qui structurent la société indienne. Elle souligne que nous avons nous aussi des catégories de population qui ne se mélangent pas et que la notion de " mésalliance" est toujours d'actualité, même au XXIe siècle. Au retour de mon premier voyage en Inde en l'an 2000, je me souviens avoir été frappée par la similitude entre nos deux sociétés en apparence très différentes mais pourtant régentées d'un côté par les castes, et de l'autre par les CASP ( CAtégories Socio-Professionnelles)

"Au final, il n'y a que sur la fraternité qu'on peut vraiment agir ", conclut Jean.

Sans transition, il me parle d' AAA 53, son association visant à promouvoir l'art d'aujourd'hui en Mayenne. ( voir le lien vers le site internet). L'association organise entre autres des expositions d'artistes mayennais et européens ( allemands, polonais, espagnols) et dispose d'une artothèque riche de 400 oeuvres visibles sur catalogue. Quatre fois par an, deux samedis consécutifs sont consacrés à l'échange des oeuvres empruntées ( contre un modique coût de location et un chèque de caution ). L'art contemporain est ainsi mis à la portée de tous, il s'invite chez ceux qui n'auraient pas les moyens d'acquérir les oeuvres. De plus, celles-ci en circulant acquièrent une nouvelle jeunesse et continuent à nourrir ceux qui les contemplent d'un oeil frais. Tout autant et peut-être même plus que l'artiste, n'est-ce pas celui qui regarde qui crée l'oeuvre d'art ?

Rendez-vous donc les 19 et 26 septembre à la maison rigolote au 58 ter, rue du hameau à Laval!

En parcourant les rues de la ville, j'ai reconnu le sourire d'une boulangère à qui j'avais acheté un pain au chocolat il y a quelques années et dont le visage ouvert, lumineux et fleurant bon la gentillesse m'avait marqué . J'ai rebroussé chemin pour lui dire que je n'avais pas oublié son sourire, d'autant que les commerçants avec le sens de l'accueil et du service ne se trouvent pas sous le sabot d'un cheval, fut-il mayennais. ( Pour les non-initiés, la Mayenne est réputée pour l'élevage des canassons)

Un peu plus tard, je suis allée rendre hommage aux couturières de l'atelier PETITES MAINS et CIE. Cette association mayennaise a pour vocation de permettre à des personnes sans emploi de reprendre une activité professionnelle au sein d'un atelier de création et de confection d'objets textiles. (voir le lien vers le site internet )

C'est précisément là que j'ai acheté il y a quelques mois le vide-poches frappé de la devise républicaine qui me sert à lancer le débat à la table de mes hôtes. Je suis ravie que cet objet issu d'un mouvement solidaire serve une cause fraternelle. L'atelier-boutique fourmille d'objets charmants coupés avec goût dans de beaux tissus.Nous parlons de l'emploi qui se raréfie, de la nécessité d'un élan créateur dans ce secteur et de la satisfaction qu'il y a à créer du beau.

Avant de quitter le centre-ville, je me rends à la librairie M'Lire où m'attend sagement ma troisième jambe. D'aucuns pourraient s'étonner de mon attachement à un simple bout de bois...Seulement celui-ci a une histoire. Je l'ai trouvé en 2009 au Ladakh, en Inde, à 4000 mètres d'altitude. Une gardienne de chèvres s'en était servi pour houspiller ses bêtes à la tombée du jour et l'avait jeté. Le lendemain, le bâton était toujours là, je l'ai donc ramassé puis adopté comme compagnon de marche. J'y tiens énormément et y ai même gravé mon numéro de téléphone, en cas de perte.

Il sera aussi de ce voyage-là, de cette grande aventure qui me fait chaque jour gravir des sommets pour savourer de magnifiques panoramas de gentillesse et d'hospitalité.

L' Himalaya près de chez vous...

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