JOUR 10 : jeudi 17 septembre

1,2,3,nous irons au bois

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Sabine

Solene et son petit protégé

avec Isabelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui est un jour spécial : je vais partir marcher au pas des chevaux. Mes hôtes, Antoine et Sabine, sont les heureux propriétaires du BOIS, un magnifique parc d'activités autour de la nature.( http://www.lebois-mayenne.fr ). Parcours dans les arbres, balades à poneys ou en barques, cabanes, le lieu est splendide. J'ai eu la chance d'y fêter mes 40 ans lors d'une fête surprise orchestrée par ma famille pour m'aider à passer ce cap délicat.

Au Bois, le cheval tient une place prépondérante, c'est la passion des femmes de la maison.

La vingtaine de chevaux qui vivent là sont des irish cobs, une race " au sang froid", des chevaux de traits placides, tranquilles. Il le faut car depuis quelques années, le centre accueille presque quotidiennement des personnes handicapées. La relation aux chevaux leur permet de s'épanouir et de tisser du lien différemment avec d'autres êtres vivants. Les progrès réalisés par certains sont stupéfiants.Si l'activité est payante pour les uns, d'autres montent à cheval en l'échange de menus travaux d'entretien. Antoine a l'esprit d'entreprise, mais n'oublie jamais les valeurs d' entraide et de solidarité. Dans tous ses projets, il a toujours eu à coeur d'employer des personnes en phase de réinsertion, des gens qui cherchaient leur voie, qui avaient besoin d'un coup de pouce. Preuve qu'entreprendre rime parfois avec tendre ( la main).

C'est dans le même esprit que la famille s'est proposée pour accueillir des personnes réfugiées pendant quelques mois. Ils se sont inscrits sur le site CALM , Comme A La Maison ( http://singa.fr/la-communaute/calm-comme-a-la-maison ) et attendent une réponse. Leur fille Adèle, dans la générosité naturelle à la jeunesse, se réjouit d'ouvrir sa maison à des étrangers et trépigne d'impatience. Sabine assure que c'est normal, sa grand-mère a par le passé accueilli des personnes réfugiées, elle s'inscrit dans un même élan." Collabo ou résistant ? Je me suis souvent posé la question de ce que j'aurais fait pendant la guerre ", s'interroge Antoine. "En tout cas, une occasion nous est donnée aujourd'hui de nous positionner."

Je suis admirative de leur démarche. Elle me confronte à mes propres limites. J'aimerais tant que cette évidence s'impose à moi... La violence du paradoxe m'étrangle presque. Depuis 10 jours, je frappe de porte en porte, je reçois quotidiennement des trésors de générosité et de simplicité...et pourtant, je ne suis pas encore prête à m'engager à partager mon quotidien avec des inconnus pendant plusieurs mois. Mon besoin de solitude et d'intimité est-il si puissant qu'il recouvre celui de solidarité ? Est-ce parce que je consacre l'essentiel de mon temps à ma vie professionnelle que je n'imagine pas trouver la disponibilité requise pour accueillir une famille ?

J'ai l'estime de moi au ras des pâquerettes au moment de reprendre la route. Je me demande quelle est ma légitimité de porter un message de fraternité alors que...

 La petite troupe qui m'accompagne ( Antoine, Pierre,Solène et leurs trois 

Antoine et Sabinechevaux) me donne du baume au coeur. Nous partons. La balade est tranquille, parfois nos pas s'harmonisent, parfois je suis en arrière, distancée par quelques intermèdes trottinants. Au milieu d'un bois, un adorable petit chat blanc vient à ma rencontre. Je le caresse, il ne me quitte plus et slalome entre mes trois jambes, manquant à plusieurs reprises de me faire trébucher. Il est tout ébougriffé, affamé de tendresse. Solène le cale bien au chaud dans sa veste et il ne lui faudra pas longtemps pour décider d'adopter généreusement cette petite âme errante.

Au bout de deux heures, Sabine vient rechercher chevaux et cavaliers. Je poursuis ma route avec Antoine redevenu piéton.

Nous faisons halte à Maisoncelles-du-Maine pour nous restaurer au café-épicerie. Isabelle nous y accueille, lumineuse, pétillante, chaleureuse. Elle s'enquiert de mon projet et de sa genèse. Je lui parle de ce qui m'a mis en mouvement en janvier, de ma pétition au sujet de notre hymne national ( cf lien pétition ). Isabelle s'émeut. Son fils de 8 ans a appris la Marseillaise à l'école et est rentré chez lui bouleversé par les paroles sanguinaires. Quelques mamans interloquées ont demandé à la personne qui s'était chargée de cet apprentissage de passer un peu plus de temps à expliquer aux enfants le contexte de ce chant. Il n'empêche, Isabelle et moi sommes persuadées que ce texte n'est pas compréhensible pour les enfants.

J'en profite pour parler de la venue de Graeme Allwright à Guichen (35) le 10 octobre. A 15h30, tous ceux qui le veulent, enfants, choristes, quidams pourront entonner avec lui la Marseillaise de la Paix, que le chanteur a composée il y a 10 ans pour offrir une alternative pacifiste et pleine d'espoir aux générations futures. Je ne serai hélas pas sur place, mais j'aurais aimé joindre ma voix à celle de tous ceux qui espèrent en un monde plus fraternel et bienveillant.

"Que la paix chante  !"

http://www.illeetbio.org/chanter-a-ille-et-bio/ 

En attendant, exerçons-nous à la polyphonie avec nos amis les équidés : http://www.dankatie.com/funstuff/horses/