JOUR 25: vendredi 2 octobre

Hier soir , j'ai trouvé refuge chez Nadine et Alain, qui m'ont généreusement ouvert la porte de leur gîte à la Motte, sur la commune de Palluau/ Indre. C'est un magnifique endroit, une ancienne exploitation agricole rénovée avec beaucoup de goût. Je leur explique que j'ai besoin de faire un break de rencontres pour pouvoir ratrapper le retard accumulé dans la rédaction du blog. Ils me laissent gracieusement m'installer dans le dortoir où je vais passer une partie de la nuit...à me mettre à jour.

Au matin ,nous faisons un peu connaissance autour du petit déjeuner. Nadine est coiffeuse et Alain agriculteur de métier, mais il a aussi été chauffeur de bus scolaire pendant 6 ans ( " pour dépanner en attendant qu'un employé communal passe le permis poids lourds") et également chanteur de bal pendant 30 ans. Je suis abasourdie quand il m'annonce le nombre impressionnant de 80 chansons interprétées lors de soirées-marathon de 5 heures environ. Avec IZVAN, nous chantons 20 morceaux pendant environ 1h15, et c'est vraiment fatigant d'aller au-delà. Bien sûr, ce n'est pas le même répertoire et nous chantons en acoustique, mais quand même...

Je reprends la route toute guillerette, je me sens légère d'être à jour du blog.  Et quand il y a du jour, il y a de l'espace. Je me sens spacieuse et disponible, c'est peut-être la raison pour laquelle cette journée va être exceptionnellement féconde en trouvailles de toutes sortes.

Au village, je fais des provisions au petit marché de Valérie qui me sert avec bienveillance et jovialité, tout en regrettant de ne pouvoir me faire découvrir la spécialité locale: la brioche palludéenne. Je suis éblouie par ce gentilé et pendant deux jours, je vais aller de ravissement en ravissement. Je vais tour à tour rencontrer des Palludéens, des Saint-Génulphiens, des Buzancaïens, des Théopolitains, des Castelroussins en attendant de croiser bientôt des Altiligériens et de finir mon périple chez les Bucco-rhodaniens. Vous l'avez déjà compris, je suis particulièrement sensible à la poésie des toponymes. C'est donc en toute logique que je m'esbaudis devant des gentilés de premier choix. Quant à moi, je ne suis Brétillienne que depuis peu, car si j'habite l'Ille-et-Vilaine depuis 9 ans, mes concitoyens et moi n'avons été baptisés que très récemment par une commission très controversée.

Je quitte le joyeux village de Palluau non sans avoir versé mon obole gélastique à la rue du Ha-ha. Bien que donnant sur " la petite vanne ", cette rue ne doit pas son nom à un quelconque ancêtre désopilant mais seulement à sa forte pente, comme me l'expliqua Alain, puisqu'on arrivait en haut de la rue en ahanant.

Mon intuition me disait que je ne serais pas en reste à St Genou et effectivement, je fus comblée d'innombrables cadeaux. Je ne pouvais pas faire 10 mètres sans m'arrêter prendre une photo. J'en pris plus de 200 en l'espace de deux heures, et mon goût prononcé pour l'art photographique me sauta au visage comme un petit oiseau hors de son sténopé.

A  suivre...